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Mr. Robot - Série (2015)

Série de Sam Esmail Drame et thriller 4 saisons (terminée) USA Network 50 min 24 juin 2015

Elliot est un jeune programmeur antisocial qui souffre d'un trouble du comportement. Il est recruté par un anarchiste mystérieux, qui se fait appeler Mr. Robot.

Film Mr. Robot - Série (2015)
SERVEUR 1

Happé dès le premier épisode, je me suis envoyé les dix épisodes de Mr. Robot comme Elliot s'envoie ligne de morphine sur ligne de morphine. Pour une fois, une fiction sur les white / grey / black hats ne part pas dans des délires mongolo-débiles à la Hackers, nanar consternant ayant révélé à la face du monde celle d'Angelina Jolie.

Enfin ça parle d'informatique sans être trop con et sans faire en permanence n'importe quoi, le tout en demeurant relativement accessible pour le profane, et mine de rien c'est rafraichissant. Alors c'est sûr, mon Papa qui arrive à peine à configurer son iPhone ne bitera rien quand il verra Darlene ouvrir une session ssh pour installer son rootkit, mais l'amateur éclairé faisant attention aux détails notera que lorsqu'ils tapent des commandes sur un système où ils se sont infiltrés nos joyeux piratins commencent par taper un espace, c'est avec ce genre de petits détails rigolos qu'on fait plaisir aux n4x0rZ en herbe.

La réal est assez folle, pour une série c'est pas habituel : ouste le shaky cam, pas trop de travellings, pas mal de plans fixes avec des cadrages vraiment marrants genre un personnage coupé aux épaules qui regarde vers la gauche, mais qui justement est dans le premier quart gauche de l'écran. Ça donne un feeling assez bizarre, aussi trouble que l'esprit du narrateur qui brise le quatrième mur régulièrement en s'adressant directement à l'audience qui fait ici office d'ami imaginaire avec lequel il tape la discute. Les acteurs livrent une excellente performance, mention spéciale à Christian Slater qui, y compris avec ses récentes participations à Archer, fait oublier à tout le monde que sa carrière avait touché le fond au point de tourner avec Uwe Boll.

Je ne dirai rien sur l'histoire afin d'en spoiler le moins possible mais je voudrais quand même revenir sur un truc qui, même s'il est voulu et assumé, est quand même un poil abusé. Ne cliquez pas avant d'avoir tout vu.

Sérieusement si j'étais David Fincher je l'aurais quand même un peu mauvaise. Quasiment la totalité de sa filmo depuis Fight Club est ici essorée digérée resservie quasiment telle quelle. Évidemment tout le monde pense au personnage de Christian Slater qu'il faut être aveugle pour ne pas voir arriver (il y a déjà des indices avant mais dans l'épisode 4 c'est tellement évident que ça en est presque insultant). Le créateur de la série dit qu'il voulait que l'audience découvre le truc, moi je dis pourquoi pas, mais en rajouter une couche avec Where is my mind au piano peu après ça fait quand même mec qui raconte une blague Carambar et ensuite fait des clins d'oeil pendant deux minutes en disant "vous l'avez ? vous l'avez ? vous l'avez ?"

Le reste du scénar, et l'ambition de nos anars, c'est quand même exactement le même que le plan de Tyler Durden, sauf que là où ce dernier est dénoncé dans Fight Club, on ne sait pas encore trop ce que le créateur cherche à dire. On sent bien que ça dérape un peu et qu'Elliott regrette, mais le CEO de Evil Corp est dépeint comme un tel monstre qu'on se dit que c'est quand même un peu bien fait pour sa gueule. Et puis tout le monde veut voir crever les banques, ce qui est bien normal.

Mais s'il n'y avait que Fight Club, ça passerait encore, sauf que The Social Network se fait bien bien photocopiller dans l'affaire, de la réalisation jusqu'à la bande-son qu'on jurerait être l'oeuvre du duo Reznor / Ross, et pas qu'une fois.

Ajoutons dans l'affaire que Darlene rappelle quand même un peu beaucoup Lisbeth Salander croisée avec Kat Dennings, en moins trash certes mais le côté fantasme y est (en tout cas chez moi ça marche bien). Le fait que le réalisateur du pilote ait réalisé également les films suédois de la trilogie Millenium n'échappera à personne.

Enfin terminons avec Joanna, flippante et sombre, que l'on découvre par petites touches, qui au final rappelle méchamment Gone Girl quand même mine de rien. En bref, moi là j'ai une compilation de 4 films de Fincher y compris l'ambiance sonore et quelques techniques de réalisation propres à lui. Je ne me plains pas, j'adore Fincher, mais les emprunts sont violents.

Et pourtant malgré tout, on s'attache aux personnages, la série est bien foutue (avec des références pareilles, c'est bien le moins), l'histoire se laisse suivre, et j'attends donc avec impatience une saison 2.