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Vikings - Série (2013)

Série de Michael Hirst Action et drame 6 saisons (en cours) History 45 min 3 mars 2013

Scandinavie, fin du VIII° siècle. Ragnar Lothbrok, un guerrier viking, est avide de nouvelles conquêtes. Il se met en tête d'explorer l'Ouest par la mer.

Film Vikings - Série (2013)
SERVEUR 1

Vikings est une série que j'attendais au tournant. Vendue comme une sorte de nouvel Game Of Throne avec la règle : intrigues complexes cul sexe violence trahison nichons meurtre dans le dos hiver-is-coming ... ben cul et violence, Viking avait su attirer le chaland.

Non pas que je déteste voir une belle paire de seins, mais il faudra me croire lorsque ce qui m'a attiré ce sont essentiellement les Vikings. J'aime beaucoup l'Edda, j'apprécie els études de Régis Boyer, j'aime cette société totalement décalée au regards de notre Occident favori, j'apprécie cet esprit d'aventure, j'aime Kurt Douglas en Viking, j'ai beaucoup aimé le 13è Guerrier, je suis fan du manga Vinland saga bref, par Thor, cette série était faite pour moi.

On va y aller tout de suite : j'ai adoré. Dès le premier épisode de cette saison 1, on comprend que nous ne nous verrons pas infliger un ersatz de GoT. A mi-chemin entre le documentaire de la BBC (et c'est un compliment)et une approche à la Rome teintée de Piliers de la Terre, Vikings tranche par son parti pris : nous faire plonger dans une société riche et complexe, sans chercher à occulter ou broder véritablement. On pourrait dire que ce n'est pas une série historique car le héros, ce Ragnar, est tout juste mentionné dans quelques chroniques. Peu importe Ragnar ; oui, il n'y a pas ici de grands hommes type Marc-Antoine ou C.I.Caesar ; mais là où la série Rome a pris beaucoup de liberté avec la rigueur historique pour offrir un très bon spectacle, Vikings prend le chemin inverse : nous donner le plus de détails possible, être le plus rigoureux possible dans l'approche historique de la société, au risque de rendre la série un poil troublante, chiante ou ardue, sans toutefois viser à basculer dans une érudition sans faille.

J'ai lu dans quelques critiques US dont l'une, celle du New-York Post de mémoire, cassait la série en l'affublant d'un terrible "BOU UNE SERIE QUI DEFEND LE MACHISME AVEC PLEIN DE GROS GUERRIERS QUI BAISENT ET DECAPITENT". Visiblement la personne n'a pas eu la curiosité de voir toute la série et, de surcroît, de s'intéresser de près aux Vikings. La violence de ces derniers est une réalité : raids de pillage, combats à la mort, mort dont on rigole en espérant rejoindre le Walhalla, viol comme butin, justice expéditive, sacrifices humains, tout ceci est vrai. Mais ce qui l'est autant c'est cette quête d'égalité, cette place singulière des femmes Vikings qui sont aussi importantes que leurs maris. Non, cette critique n'a rien compris : les auteurs n'ont pas voulu habiller ces Vikings pour nous les rendre plus agréables.

Je ne spoalerai rien car la série mérite d'être découverte. Quelques pistes pour vous convaincre : le merveilleux est bien là, mais sous forme de songes et de signes tel ce Corbeau, Hugin ou Munin, ou d'apparitions fantômatiques d'Odin. Les Fjords sont magnifiques, la photo de certaines séquences sont dignes des meilleurs films. Le casting est de qualité : derrière l'impeccable tête d'affiche qu'est Gabriel Byrne, on retrouve Vladimir Kulich déjà croisé et apprécié dans le 13è Guerrier. Mais la surprise vient de tous ces illustres inconnus campant des personnages forts et tous intéressants : Travis Fimmel campe un très bon Ragnar, Clive Standen joue Rollo, un frère dans l'ombre charismatique. Katheryn Winnick est une superbe Walkyrie autant que mère et femme de Ragnar quant à mon coup de coeur, Gustav Skarsgard, il campe un Floki totalement allumé, habité et assez jouissif. Cette galerie est celle d'anti-héros, de simples mortels et c'est encore meilleur lorsqu'ils sont des Vikings. Rien de lisse, rien de simple, simplement une vision contemporaine de la vie au VIIIè siècle.

Mais le meilleur est encore ailleurs : le rythme de cette séquence de 9 épisodes : 3 pour poser la trame, 2 pour commencer à développer plus les intrigues (donc certains diront que ça met du temps à démarrer mais bordel, pour une fois qu'on prend son temps !!!), 5 absolument divins pour terminer la saison, quasi proches d'une tragédie grecque. Choc des cultures, aussi, lorsque ces moines bretons découvrent avec horreur ces géants qui se rient de leur dieu ... mort sur une croix. D'ailleurs l'un des moines rejoindra un Ragnar curieux du monde comme esclave et sera un peu l'un de nous au coeur de cette société si étrangère. Je pourrai encore parler des superbes reconstitution de Drakkars, de ces pauvres Bretons, d'Uppsala, du devin, des veillées consacrées à la narration du Ragnarök, des champignons etc etc. Un choc des cultures, ficelle bien aisée, mais comme c'est bien fait, on ne s'en lasse pas, laissant de côté les raccourcis historiques empruntés.

Là où Rome et GoT ont pu faire dans le facile (je ne parle même pas de Spartacus) en allant nous jeter du cul et de la violence parfois gratuite, ici rien de tel : tout est à propos et le sexe n'est quasiment jamais montré mais suggéré, la violence justement dosée. Il faudra attendre Uppsala pour aller plus loin dans le tip mais, là encore, c'est justement à propos.

Une série à découvrir, qui fera vibrer tout fibre de Viking qui est en nous et je pense à toi, Zombiraptor, si tu lis un de ces 4 matins cette petite prose.

Ainsi j'avais tord : on peut faire une série relativement rigoureuse (relativement car bien entendu il y a des facilités et un prisme moderne innhérents à ce qui reste une production télévisuelle destinée à égayer nos soirées contemporaines) sans risque de nous perdre. Et il y en a qui ont les couilles de le faire dans ce monde terne qui se gave d'audience et de fric : par tous les Ases et les Vanes, ça fait du bien. Je laisse 9 pour que la saison 2 gagne son 10.